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Mon directeur de mémoire ne répond pas : que faire

|9 min de lecture

Analysez votre texte — gratuitement

Les 1 500 premiers mots sont gratuits, sans compte. Chaque verdict indique à quelle fréquence il se trompe sur des textes dont on sait qu'ils ont été écrits par une personne — un chiffre qu'aucun autre détecteur ne publie.

Nous construisons un espace de rédaction : votre document Word ou LaTeX, vos PDF à côté, et un assistant qui ne peut citer que ce qui s'y trouve réellement — le découvrir et être prévenu.

La réponse courte

Attendez dix jours ouvrés, relancez une fois avec un message court et daté qui demande une décision plutôt qu’un avis, et si le silence dépasse trois semaines, écrivez au responsable de parcours en mettant votre directeur en copie. Pendant tout ce temps, continuez à écrire : le seul dommage irréversible dans cette situation est le mois que vous passez à attendre.

Cela mérite d’être dit d’emblée : dans l’immense majorité des cas, ce silence ne vous vise pas. Un enseignant-chercheur encadre plusieurs mémoires, assure ses cours, tient ses propres échéances de recherche, et les mois de mai et juin concentrent tout en même temps. Ce n’est pas une excuse, c’est un cadre : il explique pourquoi une relance bien écrite fonctionne souvent mieux qu’on ne s’y attend.

Combien de temps est anormal

  • Moins de 5 jours ouvrés — normal. Ne relancez pas.
  • 5 à 10 jours ouvrés— courant, surtout en période d’examens ou de jurys. Une relance reste prématurée sauf urgence datée.
  • 10 à 15 jours ouvrés — relancez, une fois.
  • Au-delà de 3 semaines, relance comprise— la situation sort de l’ordinaire. Prévenez le responsable de parcours.
  • Un chapitre entier à lire— comptez trois semaines et annoncez l’envoi à l’avance. Un document de quarante pages qui arrive sans prévenir attend souvent plus longtemps qu’un document annoncé quinze jours plus tôt.

Les périodes creuses sont prévisibles : vacances universitaires, semaines de jurys, et la fin août. Si votre échéance tombe après l’une d’elles, envoyez avant, pas pendant.

La relance qui obtient une réponse

Une relance efficace est courte, elle rappelle le contexte sans reproche, et surtout : elle demande une décision, pas un avis. « Qu’en pensez-vous ? » est une question qui coûte une heure de lecture ; « puis-je partir sur le plan A ? » est une question qui coûte trente secondes.

Les éléments qui font la différence :

  • Un objet explicite et daté.« Mémoire Dupont — validation du plan avant le 15 mai » plutôt que « Question ».
  • Le rappel de la date du message précédent, en une ligne, sans commentaire.
  • Une question fermée, ou deux au maximum, avec une option par défaut : « sauf avis contraire de votre part d’ici au 20, je poursuis sur le plan en trois parties. » Cette formule débloque beaucoup de situations : elle transforme le silence en accord tacite et vous rend votre autonomie.
  • L’échéance institutionnelle, quand il y en a une. Une date de dépôt est un argument que personne ne discute.
  • La messagerie universitaire, jamais un réseau social ni un message privé. Ce qui n’est pas dans la boîte institutionnelle n’existe pas pour l’administration.

Si deux relances écrites restent sans effet, changez de canal une seule fois : passez aux heures de permanence, ou demandez un créneau de quinze minutes en visioconférence. Un rendez-vous court est parfois plus facile à accorder qu’une lecture longue.

À qui s’adresser, dans quel ordre

L’ordre compte : sauter une marche vous dessert, et la plupart des situations se règlent à la deuxième.

  1. Le directeur de mémoire lui-même, deux fois, par écrit, à dix jours d’intervalle.
  2. Le responsable de parcours ou de mention.C’est l’interlocuteur naturel, et c’est presque toujours ici que cela se débloque. Un message factuel, avec les dates, et votre directeur en copie.
  3. Le secrétariat pédagogique, en parallèle, si l’échéance approche : il connaît les délais de dépôt et les possibilités de report mieux que quiconque.
  4. La direction de la composante(UFR, école, institut), si les deux précédents n’ont rien produit en quinze jours.
  5. Les élus étudiants ou le médiateurde l’université, en dernier recours et surtout si le problème dépasse le silence — propos déplacés, encadrement refusé de fait.

Le ton, à chaque étape : descriptif. Des dates, des faits, une demande. Un message qui met en cause quelqu’un déplace la discussion sur la personne et retarde ce que vous voulez obtenir.

Avancer sans validation

C’est la partie qui change réellement l’issue. Attendre coûte des semaines que vous ne récupérerez pas ; certaines parties du mémoire ne demandent aucune validation préalable :

  • La méthodologie.Elle décrit ce que vous avez fait. Elle s’écrit sans avis extérieur et elle vieillit bien.
  • La revue de littérature.Elle dépend de vos lectures, pas d’un arbitrage. Voir notre article sur la revue de littérature.
  • La mise en forme : bibliographie, table des matières, page de garde, pagination. Trois à cinq jours de travail que personne n’aime faire à la fin.
  • Les résultats bruts, présentés avant d’être interprétés.

Gardez pour la validation ce qui engage vraiment : le plan d’ensemble, la problématique définitive, et la discussion. Et notez dans un fichier daté chaque décision que vous prenez seule ou seul, avec sa raison. Ce fichier vous servira deux fois : pour reprendre la discussion quand la réponse arrive, et pour justifier vos choix en soutenance.

Si l’échéance devient intenable malgré tout, une demande de délai appuyée sur des courriels datés est recevable dans la plupart des formations : notre rétroplanning de rédaction indique à partir de quel moment il vaut mieux la déposer que tenter de rattraper.

Questions fréquentes

Au bout de combien de temps relancer son directeur de mémoire ?

Dix jours ouvrés pour une question simple, quinze pour un chapitre à lire. En dessous d'une semaine, vous êtes dans le délai normal d'un enseignant-chercheur qui encadre plusieurs mémoires en plus de ses cours et de sa recherche. Au-delà de trois semaines sans aucun signe, y compris après une relance, la situation n'est plus ordinaire et il est légitime de prévenir le responsable de parcours.

Que faire si mon directeur de mémoire ne répond jamais ?

Écrivez une dernière fois en mettant le responsable de parcours ou de mention en copie, avec un message factuel : dates des messages précédents, ce que vous attendez, et l'échéance concernée. La mise en copie n'est pas une dénonciation, c'est ce qui permet à la formation d'agir. Si le silence persiste, demandez un rendez-vous au responsable de parcours pour envisager un changement d'encadrant ou la désignation d'un co-directeur.

Peut-on changer de directeur de mémoire en cours d'année ?

Oui, c'est prévu dans la plupart des formations, et cela arrive plus souvent qu'on ne le croit. La demande passe par le responsable de parcours, pas par l'enseignant lui-même. Plus la demande est précoce, plus elle est simple : un changement en septembre est administratif, un changement en avril suppose de trouver quelqu'un qui accepte de reprendre un travail déjà engagé. Un co-directeur ajouté est parfois la solution la moins conflictuelle.

Le silence de mon directeur peut-il justifier un délai supplémentaire ?

Souvent oui, mais seulement si vous avez des traces. Une demande de prolongation appuyée sur des courriels datés et restés sans réponse est examinée sérieusement ; la même demande sans pièces se heurte à la parole de l'un contre celle de l'autre. C'est la raison pour laquelle tout doit passer par la messagerie universitaire, y compris les échanges qui ont eu lieu oralement, résumés dans un courriel après coup.

Et si c'est mon directeur de thèse qui ne répond pas ?

La procédure est différente et mieux protégée. En doctorat, le comité de suivi individuel et l'école doctorale existent précisément pour ces situations, et le directeur de l'école doctorale est l'interlocuteur, pas le responsable de formation. Une convention de formation encadre par ailleurs les obligations d'encadrement. Ne laissez pas passer une année sans saisir le comité de suivi : c'est son objet.

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