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Rédiger l'introduction d'un mémoire : les cinq mouvements

|10 min de lecture

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La réponse courte

L’introduction d’un mémoire fait cinq choses : elle installe le sujet, elle situe l’état des connaissances et le manque, elle formule la problématique, elle annonce la méthode, elle annonce le plan. Elle occupe 5 à 10 % du corps du texte et elle s’écrit en dernier — parce qu’elle annonce un mémoire qui n’existe pas encore quand vous commencez.

Le lecteur de votre introduction est un membre du jury qui a une heure pour lire un texte que vous avez mis six mois à écrire. Il y cherche une seule chose : est-ce que cet étudiant sait quelle question il pose, et pourquoi elle mérite d’être posée. Tout le reste de l’introduction existe pour rendre cette question inévitable.

Les cinq mouvements

L’image classique est l’entonnoir : du général au particulier. Elle est juste mais peu opératoire. Voici les mêmes cinq étapes en termes de ce que vous avez à écrire.

  1. L’entrée en matière. Un ou deux paragraphes qui installent le sujet et disent pourquoi il se pose maintenant. Un chiffre récent, une évolution réglementaire, un débat ouvert. Pas d’accroche rhétorique, pas de citation littéraire décorative : le jury lit une centaine d’introductions par an et les reconnaît toutes.
  2. Le cadrage.Ce que l’on sait déjà, en trois ou quatre paragraphes, et surtout ce que l’on ne sait pas. C’est ici que se joue la légitimité du mémoire : vous ne défendez pas votre sujet, vous montrez un manque. Le mot à viser est « en revanche » : « Ces travaux portent sur X ; en revanche, Y reste peu documenté. »
  3. La problématique.Une question, interrogative, précise, et qui appelle une réponse argumentée plutôt qu’un oui ou un non. Détachez-la typographiquement — un paragraphe à elle seule. Si vous n’arrivez pas à la formuler en une phrase, elle n’est pas encore stabilisée ; notre article sur la formulation de la problématique traite ce point seul.
  4. L’annonce de la méthode.Trois à cinq phrases : type d’enquête, terrain, corpus, période, mode d’analyse. Pas le chapitre de méthodologie — juste de quoi permettre au lecteur d’évaluer si la question peut être traitée ainsi.
  5. L’annonce du plan.Un paragraphe, au futur ou au présent, qui dit ce que fait chaque partie et pourquoi elle vient à cet endroit. « La première partie… La deuxième… Enfin… » Le « pourquoi dans cet ordre » est ce qui distingue une annonce de plan d’un sommaire recopié.

Un squelette commenté

Sur une introduction de six pages pour un mémoire de master, une répartition qui fonctionne :

  • Entrée en matière — ¾ page. Le contexte et son actualité.
  • Cadrage — 2 à 2 ½ pages.L’état des connaissances par blocs thématiques, pas auteur par auteur. Terminez sur le manque.
  • Problématique — ¼ page. La question, et une ou deux sous-questions si elles structurent le plan.
  • Méthode et terrain — 1 page.Ce que vous avez fait, sur quoi, et les limites que vous assumez d’emblée.
  • Intérêt du travail — ½ page. Scientifique, professionnel, ou les deux. Souvent attendu en master, rarement en licence.
  • Annonce du plan — ¾ page.

Les proportions comptent plus que les nombres : le cadrage occupe environ 40 % de l’introduction, et c’est normal.

Quelle longueur

Cinq à dix pour cent du corps du texte, hors bibliographie et annexes. En pratique :

  • Mémoire de licence, 40 pages → 2 à 4 pages.
  • Mémoire de master, 80 pages → 4 à 8 pages.
  • Mémoire de stage, 50 pages→ 3 à 5 pages, dont une demi-page de présentation de la structure d’accueil.

Si votre règlement des études donne un chiffre, il l’emporte. Beaucoup de formations en droit et en sciences de gestion imposent des bornes précises.

Pourquoi l’écrire en dernier

Une introduction promet trois choses — une question, une méthode, un plan — et les trois bougent pendant la recherche. Le terrain se réduit, une hypothèse tombe, deux chapitres fusionnent. Une introduction écrite en novembre décrit un mémoire que vous n’avez pas écrit, et la réécrire à moitié laisse presque toujours une trace : une sous-question annoncée qui n’est traitée nulle part, un plan en quatre parties pour un mémoire qui en compte trois. Le jury le voit.

La méthode qui marche : écrivez au début une « introduction de travail » d’une page, pour vous seul, qui fixe la question et le plan provisoires. Puis, une fois la conclusion rédigée, reprenez l’introduction depuis une page blanche. Vous saurez enfin ce que vous annoncez. C’est la même logique que celle de notre rétroplanning de rédaction, qui place l’introduction dans les dernières semaines.

Les erreurs qui coûtent des points

  • Pas de problématique explicite.Le défaut le plus fréquent et le plus sanctionné. Si le lecteur doit deviner la question, elle n’est pas posée.
  • Une revue de littérature déguisée.Quand le cadrage dépasse la moitié de l’introduction, il appartient au premier chapitre.
  • Les résultats annoncés.L’introduction annonce une démarche, pas ses conclusions. La conclusion existe pour cela.
  • Une accroche hors sujet.Citation d’écrivain, définition de dictionnaire, « depuis la nuit des temps ». Elles signalent un cadrage qu’on n’a pas su écrire.
  • Un plan annoncé qui ne correspond pas au plan réel. À vérifier ligne à ligne contre la table des matières, la veille du dépôt.
  • Un « nous » qui devient « je » au chapitre 3.Choisissez une personne et tenez-la. En France, le « nous » de modestie reste majoritaire en sciences humaines.

Une dernière relecture utile : si vous avez utilisé un assistant d’écriture pour dégrossir des paragraphes, l’introduction est l’endroit où cela se remarque le plus, parce que c’est la partie la plus formatée du mémoire. Notre analyse IAest gratuite jusqu’à 1 500 mots, sans compte et sans nom — et nos taux d’erreur publiés sont mesurés sur des corpus anglais et allemands, ce que la page de précision indique en toutes lettres.

Questions fréquentes

Que doit contenir l'introduction d'un mémoire ?

Cinq choses, dans cet ordre : l'entrée en matière qui installe le sujet et dit pourquoi il se pose maintenant ; le cadrage de l'état des connaissances et du manque que vous visez ; la problématique, formulée en une question précise ; l'annonce de la méthode et du terrain ; l'annonce du plan. Un mémoire de master ajoute souvent une justification de l'intérêt scientifique ou professionnel du sujet. Ce qui n'y a pas sa place : les résultats détaillés, la revue de littérature complète, et les remerciements.

Quelle longueur pour une introduction de mémoire ?

Entre 5 et 10 % du corps du texte. Sur un mémoire de master de 80 pages, cela fait 4 à 8 pages ; sur un mémoire de licence de 40 pages, 2 à 4 pages. Une introduction de deux pages sur un mémoire de 100 pages est presque toujours trop courte pour poser correctement la problématique, et une introduction de quinze pages contient en général une revue de littérature qui devrait être ailleurs.

Faut-il écrire l'introduction en premier ou en dernier ?

En dernier, ou du moins la réécrire entièrement à la fin. Une introduction annonce un plan, une méthode et une problématique qui bougent tous pendant la recherche ; celle que vous écrirez en novembre décrira un mémoire que vous n'avez pas fini par écrire. Rédigez une version de travail au début pour vous orienter, puis reprenez-la de zéro une fois la conclusion écrite.

Quelle est la différence entre l'introduction et la problématique ?

La problématique est un élément de l'introduction, pas son synonyme. L'introduction est le mouvement complet qui va du sujet général à l'annonce du plan ; la problématique en est le point de bascule, la question précise à laquelle tout le mémoire répond. Une introduction sans problématique explicite est le défaut le plus fréquent, et le plus souvent relevé en soutenance.

Peut-on citer des auteurs dans l'introduction ?

Oui, mais peu et pour cadrer, pas pour discuter. Deux à cinq références suffisent en général : celles qui établissent que le sujet existe et que la question est ouverte. La discussion des travaux appartient à la revue de littérature. Une introduction qui cite trente auteurs a absorbé un chapitre qui devrait être autonome.

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