Rédiger la conclusion d'un mémoire : répondre, puis ouvrir
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La réponse courte
Une conclusion de mémoire répond à la problématique, puis ouvre. Elle se construit en quatre temps : rappel du chemin, réponse explicite, limites assumées, ouverture — et elle occupe 5 à 8 % du corps du texte. Ce n’est pas un résumé des chapitres, et c’est la partie que le jury lit le plus attentivement après l’introduction.
Le test le plus simple : donnez votre introduction et votre conclusion à quelqu’un qui n’a pas lu le reste. S’il peut vous dire quelle question vous posiez et ce que vous y répondez, la conclusion fait son travail. Si sa réponse est « tu as parlé de X », elle ne le fait pas.
La structure en quatre temps
- Le rappel — un paragraphe.La problématique, reprise dans les mêmes termes qu’en introduction, et le chemin parcouru en trois ou quatre phrases. « Dans les mêmes termes » est important : une question reformulée donne l’impression que vous répondez à une autre question que celle posée.
- La réponse — le cœur, un tiers à la moitié.Ce que votre travail établit, en commençant par le résultat principal, en une phrase franche. Puis les résultats secondaires, et la manière dont ils se tiennent ensemble. C’est le moment d’articuler ce que les chapitres ont produit séparément ; c’est aussi la seule partie où vous avez le droit de dire « donc ».
- Les limites — un quart.Taille du corpus, biais de recrutement, période couverte, méthode qui ne mesure qu’une partie du phénomène. Écrites au présent et sans excuse.
- L’ouverture — un paragraphe, parfois deux.Ce que ce résultat rend possible, ou la question qu’il fait apparaître. Précise et courte.
Assumer les limites
C’est le passage que les étudiants abrègent par crainte de se pénaliser, et c’est presque toujours une erreur de calcul : le jury connaît déjà les limites de votre travail. Les nommer le premier montre que vous savez ce que vaut votre méthode ; les taire donne à penser que vous ne l’avez pas vu.
Une limite bien écrite dit trois choses : ce qui est limité, pourquoi, et ce que cela empêche de conclure. « Les douze entretiens ont été réalisés dans une seule académie, ce qui tient aux conditions d’accès au terrain ; les régularités observées ne peuvent donc pas être étendues à l’échelle nationale sans une enquête plus large. » C’est une phrase qui rassure un jury.
Ce qui ne fonctionne pas : « par manque de temps », « faute de moyens », « cette étude n’est qu’exploratoire » employé comme paratonnerre. Une contrainte matérielle explique un choix ; elle ne le justifie pas à elle seule.
L’ouverture, sans la rater
L’ouverture est la dernière chose que le jury lit et la plus facile à manquer. Trois formes tiennent :
- Le prolongement méthodologique.La même question sur un terrain plus large, ou avec une méthode qui corrige la limite que vous venez d’énoncer.
- La question rendue visible.Un résultat inattendu qui mérite une enquête à lui seul. La meilleure ouverture quand elle existe : elle prouve que vous avez lu vos propres données.
- L’implication pratique.En mémoire professionnel ou de stage : ce que la structure d’accueil pourrait faire de ce résultat, formulé prudemment.
À éviter : l’ouverture qui élargit jusqu’à la dissolution (« on peut se demander plus largement quel est l’avenir de l’éducation »), et l’ouverture qui annonce un travail que personne ne fera. Mieux vaut une ouverture d’une phrase, précise, qu’un paragraphe de généralités.
Longueur et disciplines
- Mémoire de licence, 40 pages → 2 à 3 pages.
- Mémoire de master, 80 pages → 4 à 6 pages.
- En droit, la conclusion est traditionnellement plus brève : la démonstration est censée avoir été menée dans le corps du devoir, et certaines facultés attendent une conclusion d’une à deux pages, parfois même son absence dans les travaux construits en deux parties équilibrées. Vérifiez l’usage de votre UFR : c’est l’une des rares disciplines où la règle générale ne s’applique pas.
- En histoire, l’ouverture est attendue et prend davantage de place : elle situe le travail dans une historiographie et indique ce que les sources non dépouillées pourraient apporter.
- En sciences expérimentales, conclusion et discussion sont souvent fusionnées ; la partie « limites » y est plus technique et plus longue.
Les erreurs les plus fréquentes
- Résumer les chapitres.Le reproche numéro un. La conclusion articule ; elle ne récapitule pas.
- Ne pas répondre.« La question reste ouverte » n’est une conclusion que si vous dites précisément ce qui manque pour la fermer.
- Une donnée nouvelle.Un chiffre ou une citation qui n’apparaît que là est un chapitre manquant.
- Une problématique reformulée.Comparez mot à mot avec l’introduction avant de déposer.
- Le ton qui change.Beaucoup de conclusions basculent dans un registre plus personnel ou plus lyrique que le reste du mémoire. C’est la fatigue, et cela s’entend.
- Des limites qui n’en sont pas.« Ce travail aurait pu être plus long » n’informe personne.
Relisez enfin l’introduction et la conclusion à la suite, dans cet ordre, à voix haute : la plupart des incohérences de plan et de problématique se voient là et nulle part ailleurs. Notre article sur l’introduction de mémoire décrit l’autre moitié de ce couple, et la dernière semaine avant le rendu dit dans quel ordre faire ces vérifications.
Questions fréquentes
Que doit contenir la conclusion d'un mémoire ?
Quatre temps : le rappel de la problématique et du chemin parcouru ; la réponse explicite à la question posée, qui est le cœur ; les limites du travail, assumées et non minimisées ; l'ouverture vers ce que ce résultat rend possible ou nécessaire. Ce qui n'y a pas sa place : une donnée nouvelle, une citation qui n'apparaît nulle part ailleurs, un remerciement, ou une problématique reformulée différemment de l'introduction.
Quelle longueur pour une conclusion de mémoire ?
Entre 5 et 8 % du corps du texte, soit à peu près la longueur de l'introduction, souvent un peu moins. Sur un mémoire de master de 80 pages, comptez 4 à 6 pages ; sur un mémoire de licence de 40 pages, 2 à 3 pages. Une conclusion d'une page sur un mémoire de 100 pages donne au jury l'impression d'un travail arrêté faute de temps, ce qui est parfois vrai et rarement à votre avantage.
Quelle différence entre la conclusion et le résumé ?
Le résumé décrit le mémoire de l'extérieur — sujet, méthode, résultats — pour quelqu'un qui ne l'a pas lu, et il tient en 150 à 250 mots en tête du document. La conclusion s'adresse à quelqu'un qui vient de tout lire et répond à la question posée. Une conclusion qui se contente de récapituler chaque chapitre est un résumé mal placé : c'est le reproche le plus courant en soutenance.
Peut-on introduire une idée nouvelle en conclusion ?
Non pour un résultat ou une donnée : tout ce qui soutient votre réponse doit avoir été établi avant. Oui pour une perspective, à condition qu'elle découle de ce que vous venez de montrer. La règle pratique : si une phrase de la conclusion demanderait une référence ou un chiffre pour être crédible, elle arrive trop tard.
Faut-il répondre clairement à la problématique ?
Oui, et en une phrase repérable. Un mémoire qui conclut que « la question est complexe et mérite d'autres travaux » n'a pas conclu. Si vos résultats sont partiels ou contradictoires, dites-le sous cette forme : ce que vous pouvez affirmer, ce que vous ne pouvez pas, et ce qui manquerait pour trancher. C'est une réponse, et un jury la reçoit mieux qu'une esquive.
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Les 1 500 premiers mots sont gratuits, sans compte. Chaque verdict indique à quelle fréquence il se trompe sur des textes dont on sait qu'ils ont été écrits par une personne — un chiffre qu'aucun autre détecteur ne publie.
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