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Plagiat et IA à l'Université Catholique de Lille : Compilatio et une charte sur Agora

|9 min de lecture

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Les 1 500 premiers mots sont gratuits, sans compte. Chaque verdict indique à quelle fréquence il se trompe sur des textes dont on sait qu'ils ont été écrits par une personne — un chiffre qu'aucun autre détecteur ne publie.

Nous construisons un espace de rédaction : votre document Word ou LaTeX, vos PDF à côté, et un assistant qui ne peut citer que ce qui s'y trouve réellement — le découvrir et être prévenu.

La réponse courte

L’Université Catholique de Lille utilise Compilatio Magister, autorise l’IA dans les mémoires à condition qu’elle soit mentionnée, et garde le texte complet de sa charte derrière la connexion étudiante. Elle est la seule des grandes écoles et universités privées que nous ayons étudiées à nommer son logiciel.

À ne pas confondre avec l’Université de Lille

Deux établissements distincts portent le nom de la ville, et ils ne suivent pas les mêmes règles. L’Université de Lille est publique : elle relève du code de l’éducation, sa section disciplinaire et son échelle de sanctions sont fixées par décret — nous la traitons dans sa page dédiée. L’Université Catholique de Lilleest une fédération d’établissements privés à but non lucratif et de statut associatif. Rien de ce qui suit ne s’applique à la première.

Une précision de périmètre à l’intérieur même de la fédération : l’Institut Catholique de Lille — la FLD, la FGES, la FLSH, la FMMS, ESPOL, ESSLIL, l’ISTC — est une entité juridique unique. L’IÉSEG, JUNIA, l’EDHEC et l’ICAM en sont distincts. Une règle de l’un n’engage pas les autres.

Compilatio Magister, et qui y a accès

Le catalogue de formations internes de juillet 2025 nomme l’outil sans détour : « utiliser le logiciel de détection de plagiat Compilatio Magister », avec la précision que « l’ICL dispose d’un logiciel de détection de plagiat » et qu’un webinaire mensuel est proposé par l’éditeur.

Et surtout, il indique le public visé : « enseignants permanents et vacataires et personnels administratifs ». Ce n’est pas un outil étudiant, et aucun accès étudiant n’est documenté.

Avant Compilatio, l’établissement utilisait URKUND via le module de sa plateforme pédagogique. La fiche conseils correspondante précisait déjà la logique d’accès : « l’utilisation du service étant payant (pour l’ICL) et limité en nombre d’utilisateurs, veuillez faire une demande d’utilisation auprès du service des Usages du Numérique. »

C’est ce qui répond à la question que se posent la plupart des étudiants. L’analyse à l’ICL n’est ni systématique ni réservée aux soupçons : elle est demandée par l’enseignant, au cas par cas. Une autre fiche le confirme : l’outil est « accessible sur iCampus et auquel tous les enseignants peuvent demander l’accès auprès du SUN ». Aucun texte public ne rend la vérification obligatoire pour les mémoires.

Ce que devient votre document

Cette clause figure dans la fiche interne de l’établissement et mérite d’être connue de tout étudiant, y compris ailleurs, parce qu’elle décrit un mécanisme général :

« OPTION DE RETRAIT — Par défaut, tout document soumis à l’anti-plagiat devient une source dans laquelle tous les utilisateurs du système recherche le plagiat. » […] « Cliquer sur “Opt-out” pour sortir le document de la base de données accessible aux utilisateurs externes à notre entité » […] « Le fichier restera quand même une source pour l’entité. »

Autrement dit : par défaut votre travail entre dans la base de comparaison ; le retrait, quand il est activé, ne le sort que de la partie visible des autres établissements. Ce n’est ni scandaleux ni caché — c’est le fonctionnement normal de ces outils — mais il vaut mieux le savoir, notamment si vous envisagez de publier votre mémoire plus tard ou d’en réutiliser des passages.

La leçon générale vaut au-delà de l’ICL : avant de déposer un texte dans un service de vérification, regardez ce qu’il en fait. Nous l’indiquons pour notre part dans notre politique de confidentialité — publiée pour l’instant seulement en anglais : l’analyse n’alimente aucune base de comparaison de tiers, et la suppression peut être demandée avec la référence de l’analyse.

La charte IA : trois niveaux, et un mur

L’ICL a une charte sur l’IA. Vous ne pouvez pas la lire si vous n’êtes pas inscrit :

« La charte est disponible en intégralité sur Agora, espace numérique réservé à nos étudiants inscrits. »

Ce qui est public, ce sont des résumés de faculté. Ils décrivent trois niveaux, et la formulation de la FLSH est suffisamment précise pour être utile :

  • Usages autorisés — l’IA comme soutien à l’apprentissage :« résumer, reformuler, se faire expliquer un point de cours… »
  • Usages encadrés :pour les devoirs à rendre, « l’usage est autorisé si et seulement si l’enseignant l’indique et en précise la portée », avec un exemple de mention du type « j’ai utilisé [nom de l’outil] pour reformuler la conclusion ». Pour les mémoires ou rapports, « toute utilisation d’IA doit être mentionnée clairement ».
  • Usages interdits :utiliser l’IA pendant un examen sauf indication contraire, et « se faire passer pour l’auteur d’un travail fait par une IA (fraude). Ces manquements à l’intégrité académique peuvent faire l’objet de sanctions. »

La Faculté de Droit dit la même chose en une phrase : « pour les mémoires et rapports, la mention de l’usage d’outils d’IA est obligatoire, les étudiants demeurant pleinement responsables du contenu remis. »

Comment rédiger cette mention ? Notre guide de la déclaration d’utilisation de l’IA donne des formulations de trois à cinq lignes qui conviennent.

Deux réserves, que nous préférons écrire plutôt que taire : ni la date d’adoption de la charte ni l’instance qui l’a approuvée ne figurent sur les pages publiques — seules les dates des articles les bornent, mars et juin 2026 selon la faculté. Et ces résumés n’engagent que leur faculté : la charte complète, sur Agora, est le texte qui fait foi.

La contradiction du doctorat

C’est le point le plus important de cette page si vous êtes en thèse, parce que la règle s’inverse complètement.

La charte de réalisation d’une thèse de doctorat 2025-2026, elle publique et signée à l’inscription, engage le doctorant à :

« Faire preuve d’éthique et d’intégrité scientifique dans sa démarche intellectuelle (étant précisé que les outils d’IA générative ne s’inscrivent pas dans une démarche intègre de la recherche scientifique), … proscrire toute forme de plagiat… »

Au niveau licence et master, l’IA est un outil dont il faut mentionner l’usage. Au niveau doctoral, le même établissement écrit qu’elle ne relève pas d’une démarche intègre — et vous signez ce texte. La charte précise : « cette charte est datée et signée par le doctorant et par le / les directeur(s) de thèse … lors des formalités d’inscription en thèse. »

Nous ne cherchons pas à résoudre la contradiction à la place de l’établissement : elle existe, elle est écrite, et le texte qui vous engage est celui que vous avez signé.

Les sanctions : rien n’est publié

Les pages sur l’IA disent que les manquements « peuvent faire l’objet de sanctions ». C’est tout. Aucun organe, aucune échelle, aucun article : nous n’avons trouvé ni conseil de discipline, ni commission de discipline, ni section disciplinaire sur aucun des sites de la fédération.

Le comité qui existe exclut d’ailleurs explicitement les étudiants : le comité d’éthique de la recherche et d’intégrité scientifique, créé en janvier 2024, « peut être saisi par toute personne ou groupe de personnes salariés au sein de l’ICL ». Il concerne le personnel, pas vous.

Rien n’est publié non plus sur les conséquences financières : pas de conditions générales, pas de règlement financier, pas de contrat d’inscription accessible. Si ce point vous engage, demandez-le par écrit avant de signer.

Un dernier élément, à traiter comme une question ouverte plutôt que comme une réponse. La Faculté de Droit est conventionnée avec l’Université Toulouse Capitole— et non avec l’Université de Lille, contrairement à ce qu’on lit parfois : « le conventionnement […] avec l’Université de Toulouse Capitole (Université d’Etat autrement dit publique) nous permet de vous délivrer des diplômes d’Etat. » Savoir si une fraude portant sur un diplôme d’État relèverait alors de la section disciplinaire de Toulouse Capitole n’est indiqué nulle part ; le texte de la convention n’est pas publié. Ce qui est établi, c’est seulement que le partenaire est Toulouse Capitole. Les partenaires des autres facultés ne sont pas documentés.

Ce que vous pouvez faire concrètement

  • Lisez la charte complète sur Agora.Vous y avez accès, et c’est elle qui fait foi, pas le résumé public.
  • Mentionnez tout usage d’IA dans un mémoire ou un rapport— c’est obligatoire, et la formulation attendue est simple.
  • Pour les devoirs, attendez l’indication de l’enseignant : l’autorisation n’est pas par défaut.
  • En thèse, relisez la charte que vous avez signée.La règle n’est pas celle du master.
  • Conservez brouillons et historique de versions.En l’absence de procédure publiée, c’est votre seule preuve de processus — voir un détecteur a signalé mon mémoire.

Notre analyse IAest gratuite jusqu’à 1 500 mots, sans compte et sans nom. Nos taux d’erreur publiés sont mesurés sur des corpus anglais et allemands, pas français, et aucun détecteur — le nôtre compris — ne constitue une preuve.

Sources

Cette page est une orientation, pas un conseil juridique. Seuls la charte disponible sur Agora et le règlement de votre faculté vous engagent.

Questions fréquentes

Quel logiciel anti-plagiat utilise l'Université Catholique de Lille ?

Compilatio Magister. Le catalogue de formations interne de juillet 2025 le nomme explicitement et précise que l'ICL en dispose. C'est un outil des enseignants et des personnels administratifs : un enseignant doit en demander l'accès au service des Usages du Numérique. Auparavant, l'établissement utilisait URKUND via le plug-in de sa plateforme pédagogique.

Les travaux sont-ils tous passés à l'anti-plagiat à l'ICL ?

Non, et ce n'est pas non plus déclenché uniquement sur soupçon. L'accès est demandé par l'enseignant au coup par coup auprès du service des Usages du Numérique. Aucun texte public ne rend l'analyse systématique pour les mémoires ou les rapports.

L'ICL autorise-t-elle l'IA dans les mémoires ?

Oui, à condition de la mentionner. La Faculté de Droit l'écrit sans ambiguïté : « pour les mémoires et rapports, la mention de l'usage d'outils d'IA est obligatoire, les étudiants demeurant pleinement responsables du contenu remis ». Pour les devoirs, l'usage n'est autorisé que si l'enseignant l'indique et en précise la portée. Attention : la règle est inverse au niveau doctoral.

Où trouver la charte IA de l'Université Catholique de Lille ?

Sur Agora, l'espace numérique réservé aux étudiants inscrits. La faculté le dit elle-même : « la charte est disponible en intégralité sur Agora ». Seuls des résumés sont publics, et ni la date d'adoption ni l'instance qui l'a approuvée ne sont indiquées sur les pages publiques.

Analysez votre texte — gratuitement

Les 1 500 premiers mots sont gratuits, sans compte. Chaque verdict indique à quelle fréquence il se trompe sur des textes dont on sait qu'ils ont été écrits par une personne — un chiffre qu'aucun autre détecteur ne publie.

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